Ma lettre de plaidoyer pour le maintien des filles à l’école

CAMPAGNE NATIONALE DE PLAIDOYER DES ENFANTS

Ma lettre de plaidoyer

Destinataires :
Aux autorités de mon pays,
A nos parents et tuteurs d’enfants

Objet : Plaidoyer pour le maintien des filles à l’école dans la Commune de Djougou, département de la Donga

Chers autorités de ma Commune et de mon pays,
Bien – aimés parents et tuteurs d’enfants,

Le 18 mai 2018, j’ai été invitée par le Maire de ma Commune de Djougou, en ma qualité de Maire Enfant du Conseil Communal Enfant, pour présenter ma commune aux élèves du complexe scolaire bilingue « LA MERVEILLEUSE » de Parakou, venus en excursion à  Djougou. Après ma présentation, l’un des élèves, en s’adressant au Maire, a voulu savoir quelle est sa priorité dans la gestion de notre Commune. Il répondit en ces termes : « Ma priorité, c’est l’éducation des enfants ».
Cela ne m’a pas surpris car, les résultats de ces dernières années aux différents examens ne sont pas bons à Djougou. Mais, prenant la parole, et pour être plus clair sur le problème urgent à résoudre, ceci à la grande satisfaction de nos étrangers, j’ai insisté sur le maintien des filles à l’école.
La majorité des filles dans ma Commune ne finit pas le cours primaire. Elles sont massivement inscrites au CI mais peu vont jusqu’en classe de 6e des lycées et collèges. De même, parmi celles qui arrivent à atteindre la classe 6e, peu d’entre elles atteignent la classe de 3e et moins encore la classe de terminale.
En effet malgré  les dispositions de la Loi N°2015-08 du 08 décembre 2015 portant code de l’enfant en République du Benin qui, en son article 113, dispose de l’obligation de la scolarisation de l’enfant de la maternelle à la fin du cycle primaire, dans ma commune, on se remarque pas ça et, les parents continuent de négliger la scolarisation des filles en: 
– les mariant de force, 
– les mariant précocement,
– les envoyant en exode rural.

Cette situation ne permet pas l’émancipation de la fille  et ne fait pas d’elle une future adulte capable de contribuer au développement de notre pays. 
Quel désastre! Et que faire?
Très soucieuse et me sentant interpelée, je saisis cette opportunité pour en parler et demander aux autorités à divers niveaux de nous aider.
Si on applique la loi à Djougou, presque tous les parents seront en prison. Alors que faire ?
Courageusement, moi je demande d’appliquer la loi. De faire changer les choses. Surtout le mariage des élèves, que ça soit forcé ou pas, ce n’est pas bon. Appliquez la loi sans amitié : l’article  113 du code de l’enfant.
Nous réclamons notre droit à l’éducation, une éducation jusqu’à l’université et sans discrimination aucune. Car aucun enfant ne doit être laissé pour compte.
Tous les enfants de la commune de Djougou et surtout les filles par ma voix, font plus que jamais confiance à la justice de notre Pays.

YAKAO SANKAMAO Il-ham,
Elève en classe de 3e au CEG3 de Djougou
Maire Enfant de Djougou

Lu et autorisé pour large diffusion
@ANACEB
conseilenfant@gmail.com
+229 96779473

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